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RAMY BENSEBAINI : "Parfois, ma tête, je ne sais pas où elle part"

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ramy parfois ma teteLe défenseur du Stade Rennais a accepté de répondre au questionnaire «Le jour où» de FF. Où on y découvre un Ramy Bensebaini qui a dû se battre pour toucher à son rêve. D'Alger à Rennes, en passant par Arsenal, Lierse ou Montpellier, l'Algérien a grandi, mais sait aussi qu'il lui reste du travail.



Le jour où vous avez découvert le foot en Algérie

«Dans ma ville de Constantine. Je jouais dans la rue. Je voulais faire du karaté. J'y suis allé une fois, mais ça ne m'a pas plu. Mon père connaissait l'entraîneur local de foot. J'ai fait des essais et j'ai inscrit un coup franc direct lors d'un match. Ils m'ont demandé de rester avec eux ensuite. Je n'avais même pas dix ans.»

Le jour où on vous a offert votre premier maillot de foot

«Je crois que j'avais un maillot de l'Allemagne, mais je ne me rappelle pas du nom dans le dos. Par contre, quand je suis entré à l'académie de Jean-Marc Guillou, on était cinq nouveaux. Dans les vestiaires, le coach Olivier Guillou nous a passé les maillots. Le mien avait le numéro 15. Depuis ce jour là, je l'ai toujours conservé.»

academiciens convoques U20
Ramy deuxième en partant de la gauche avec les autres académiciens lors de leur première convocation en U20 en 2012 et Jean-marc Guillou au centre


Le jour où vous avez rendu vos parents fous

«C'est arrivé pas mal de fois, que ce soit chez mes parents mais aussi chez mes grands-parents ! Je jouais au foot dans la maison... et je cassais tout, des vases, des cadres. Ils n'en pouvaient plus de moi (il sourit). J'aimais trop le foot. Donc dès que la nuit tombait, je rentrais, et je continuais avec mon ballon.»

Le jour où vous quittez votre famille pour le foot

Bensabyini Rami«J'ai passé deux tests pour intégrer l'académie JMG d'Alger. Lors du premier, j'ai été accepté, sauf que ma mère, puisque j'étais son fils unique, ne voulait pas que je parte. L'année d'après, je suis de nouveau pris aux tests. Et là, je voulais absolument y aller. Mes parents ont discuté, ils se sont rendus compte que je voulais vraiment devenir footballeur. Je suis donc parti, j'avais douze ans. Alger était à 500 kilomètres de Constantine. Mes parents m'y ont emmené. Et quand le directeur de l'académie (Olivier Guillou) a confirmé que je restais, ils se sont mis à pleurer. Moi, j'étais content. Aujourd'hui, parfois je reparle de cet épisode avec ma mère. Elle me dit : "Oui, on a bien fait de te laisser".»

Le jour où vous avez fait un essai à Arsenal

«J'en ai encore des photos. Ça devait être en 2012. Jean-Marc Guillou a parlé avec Arsène Wenger, qu'il connaissait. Je suis donc parti à Londres, en m'entraînant avec les Koscielny, Giroud, Mertesacker, Wilshere pendant un mois. Je m'entendais bien notamment avec Sagna et Chamakh. À la fin du stage, le coach Wenger m'a expliqué qu'il souhaitait me garder. Sur les six entraîneurs du club, cinq étaient convaincus pour que je reste. Mais je ne pouvais pas car je n'avais pas de passeport européen... C'est comme ça. C'était une belle expérience. Au niveau des essais, j'avais également été à Porto et à Nice où je m'étais rapidement blessé. À ce moment, je pars en Belgique (à Lierse), et tout commence.»

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Le jour où vous avez compris qu'il fallait en faire plus

«Quand je suis parti en Belgique (à Lierse), dans ma tête, j'étais un peu jeune. J'y allais pour jouer sans vraiment me prendre la tête. Par contre, quand j'ai débarqué à Montpellier (en 2015), c'était plus compliqué, c'est une ville qui ne dort pas la nuit. En deuxième partie de saison, vu que j'avais pas trop de temps de jeu, j'ai encore plus galéré à rester concentré sur le football. Cette ville bouge trop, les gens sortent trop ! Même si je restais sérieux, je me suis peut-être parfois un peu trop laissé tenter. Finalement, venir à Rennes a été un déclic. Je me suis dit qu'il fallait que je sois plus sérieux, que je travaille davantage, que mon hygiène de vie devait être au top : bien dormir, bien récupérer... Aujourd'hui, je me sens beaucoup mieux.»

Le jour où vous avez défendu sur Zlatan Ibrahimovic

«Je l'ai affronté avec Montpellier quand je suis entré en deuxième mi-temps (NDLR : 5 mars 2016, 0-0 au Parc des Princes. Bensebaini avait remplacé Hilton à treize minutes de la fin). Je me suis dit : "Ouh la la, Ramy, là, tu joues contre Ibrahimovic !". Dans ma tête, je voulais faire mon possible pour tenter de l'arrêter. J'ai eu deux situations face à lui, et je les ai remportées. C'était impressionnant.»

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Le jour où vous honorez votre première en sélection algérienne

«C'était face à la Tanzanie avec le coach Gourcuff. Je m'en rappelle très bien. Je voyais mon nom partout dans les journaux. C'était un rêve. Ma famille était si fière de moi... Ils m'ont dit qu'il fallait désormais travailler sérieusement pour conserver ma place. Sur le terrain, aujourd'hui, mon petit problème, c'est la concentration. Parfois, ma tête, je ne sais pas où elle part. C'est mon petit défaut, je me dois de l'améliorer.»

Le jour où le vestiaire rennais s'est le plus enflammé cette saison

«On rigole bien. Après la victoire contre Marseille (NDLR : 3-2, avec deux buts dans les toutes dernières minutes), il y avait une sacrée ambiance. C'était formidable. L'après-match avait duré un petit moment dans le vestiaire. Après les victoires, ce sont souvent Joris Gnagnon et Adama Diakhaby qui mettent l'ambiance. Paul-Georges (Ntep, parti à Wolfsburg en janvier) le faisait aussi. Moi ? Ça m'arrive (il rigole), mais je n'ai encore jamais fait le cri de la victoire.»

Le jour où vous avez rencontré votre idole

«C'est mon père. Il me donne toujours des conseils. Tout comme mon grand-père, qui est un ancien gardien de but de l'équipe nationale algérienne. Je suis élevé dans une famille de foot. Ils sont toujours là quand j'en ai besoin. Mon idole dans le foot ? C'est Sergio Ramos. J'espère le rencontrer un jour, pourquoi pas, sur un terrain !»

Timothé Crépin
source www.francefootball.fr